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"Le buraliste amoureux", brouillon de lettre d'amour, rédigé par un homme anonyme [XIXe siècle]

Archives départementales du Lot, 15 J 210

 

 

 

 

 

 

 

Brouillon de lettre anonyme rédigée sur une feuille de registre des postes/tabacs, [XIXe siècle]

Transcription de la lettre :

« Je ne croyois pas ma chère, qu’il fut possible d’ajouter à l’attachement que j’avois pour toi, et cependant, j’éprouve tous les jours que je t’aime davantage. Je ne passe pas une semaine sans penser à toi et sans faire des vœux pour hâter le moment qui doit nous réunir. Je suis plongé dans l’ennui et rien ne me distrait que le plaisir de recevoir de tes nouvelles. Tu ne saurais croire la joie que j’ai éprouvée en recevant ta dernière lettre. Je n’ai jamais douté de ton cœur, mais je t’avoue que je craignais que les obstacles que l’ont pourroit nous opposer, ne te décourageassent. Je te demande mille pardons de t’avoir si mal jugée, et d’après ta fermeté, je suis bien sûr que nous ne sommes pas condamnés pour longtemps au tourment de vivre séparés. L’on m’a positivement assuré que j’aurois mon congé dans les premiers jours de juillet. Procure-moi je te prie, la satisfaction de recevoir encore une fois de tes nouvelles avant mon départ, et je tacherai de t’apporter la réponse.
Qu’il me tarde de te voir, de te presser dans mes bras et de te dire combien je t’aime, de t’assurer de vive voix que je n’aimerai jamais que toi. Je t’ai dit ces choses-là mille fois, mais j’éprouve une si douce satisfaction à les répéter, que je me plais à croire que tu n’es pas fâchée que je te dise tous les jours, oui, le bonheur de ma vie dépend de toi. Je saurais bien me passer de richesses, mais je ne pourrai pas vivre heureux sans toi. Il y a des personnes qui prétendent que les plus grandes jouissances de la vie dérivent toujours d’un esprit calme et tranquille, je crois au contraire que l’ont n’en éprouve de véritable que dans les transports de l’amour et que l’homme le plus heureux est celui qui possède une femme qu’il aime et dont il est aimé. Il y a trop de sympathie de mon caractère pour que ta façon de penser à ce sujet, ne soit pas conforme à la mienne, quoi que le jour qui doit me rapprocher de toi ne soit pas si éloigné, j’ai peine à contraindre mon impatience.
Adieu ma bonne amie, je veux te redire encore que je t’aime et que jamais personne ne te sera aussi dévoué que [moi].
(sans date, sans signature) »

Fonds du Château de la Font-Haute, Cazoulès [Dordogne], 15 J 210.


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