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Offre pédagogique

Négoces internationaux et traites négrières au XVIIIe siècle

Inventaire après décès de B. Philippe, 8 mars 1797 : 18 J Non classé Archives départementales du Lot

L'économie d'une plantation aux Antilles

Niveau : Quatrième

Histoire

Thème 1 : le XVIIIe siècle. Expansions, Lumières et révolutions

Bourgeoisies marchandes, négoces internationaux et traites négrières

Mathématiques

Thème B : organisation et gestion de données

 

 

Dossier enseignant à télécharger

Une famille bourgeoise du Quercy aux Antilles : les archives de la famille Traversier

Les documents de ce dossier ont été découverts par Jean Lartigaut dans les papiers de Labastidette faisant partie du fonds de Valon déposé aux Archives départementales du Lot : 18 J. Ce sont les archives de la famille Traversier, originaire du Quercy, alliée à une famille créole de la Martinique.
Jean-Jacques Traversier, originaire du village du Cluzel, paroisse de Pontcirq, émigre aux Antilles, il devient marchand de produits tropicaux. Par le contrat de mariage du 6 juin 1736, nous apprenons qu’il épouse Marie-Thérèse Philippe, fille du sieur Barthélémy Philippe, propriétaire d’une plantation au quartier de Sainte-Luce, à la Martinique. La famille Philippe fut l’une des premières à repeupler l’île Sainte-Lucie lorsque celle-ci fut rendue à la France en 1763.
Le dossier est constitué d’un acte de concession, de deux inventaires après décès (8 mai 1764 et 8 mars 1797), de correspondances privées et commerciales, de comptes de vente de produits tropicaux et d’actes divers. Il nous renseigne sur les activités économiques des sieurs Philippe, père puis fils, aux Antilles et sur les relations qu’ils entretiennent avec les parents et partenaires commerciaux en France.
Nous avons sélectionné des documents illustrant l’économie d'une plantation :

  • l’inventaire après décès des biens de Barthélemy Philippe du 8 mars 1797

L’inventaire décrit les ustensiles, le peu de mobilier contenus dans la salle de la maison principale et la cuisine, les matières premières, les outils et machines de la case à coton et de la sucrerie ; la liste des esclaves appartenant au domaine et les bâtiments qui le composent ; pour finir, les dettes passives. Transcription de l'inventaire à télécharger

  • une correspondance commerciale du 8 août 1771 accompagnée d’une facture du 19 juin de la même année

Barthélemy Philippe a fait expédier du café de Sainte-Lucie, par l’intermédiaire d'un négociant de Saint-Pierre de Martinique, à Bordeaux. Le café a été chargé à bord du navire La Pauline. Ce document permet d'évaluer les frais nécessaires au transport.  

  • un compte de vente de sucre réalisé à Bordeaux du 31 juillet 1785

Il permet de retrouver les étapes du transport du sucre du lieu d’embarquement au déchargement en métropole.

  • une planche extraite de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : tome 1, 1762

Bibliographie

Jean Lartigaut

  • "Une famille bourgeoise du Quercy et les Antilles au XVIIIe siècle", Bulletin de la Société des études du Lot, tome 91, 2e fascicule de 1970, p. 57-67.

Olivier Pétré-Grenouilleau

  • Les négoces maritimes français XVIIe-XXe siècles, Paris, Belin-sup, 1977.
  • "Et la France devint une puissance négrière", L'Histoire n° 353, mai 2010, p. 44-51.

Repères : contexte historique

Les premières colonies aux Antilles

Les premières colonies françaises ont été fondées aux Antilles au début du XVIIe siècle. En 1625, le navigateur normand Pierre Belain d’Esnambuc débarque dans l’île de Saint-Christophe, qui devient la première colonie française des Antilles. En 1626, Richelieu fonde la compagnie de Saint-Christophe et autorise d’Esnambuc et ses hommes à coloniser les îles voisines. En 1635, 400 Dieppois débarquent à la Guadeloupe. A partir de 1637, la Martinique devient le centre de la colonisation française dans la région. Ainsi sont occupés Sainte-Lucie (1637), Saint-Martin et Saint-Barthélemy (1648) et la Grenade (1650). Ces îles ont été investies par les Anglais durant la guerre de Sept Ans (1756-1763), elles demeurent françaises jusqu’à la Révolution. En 1640, des aventuriers de toutes origines s’emparent de l’île de la Tortue à proximité de Saint-Domingue. La colonie de « la Tortue et Coste Saint-Domingue » compte environ 400 hommes en 1665, 3 500 en 1677.

Les cultures de plantation et la traite négrière

Comme le raconte Alexandre Oexmelin, l’un des premiers colons, dans son Histoire des aventuriers, en 1686, la première étape de mise en valeur des Antilles fut lente et difficile ; il a fallu défricher les terres pour cultiver des vivres avec de faibles moyens. Le tabac est la première culture commerciale introduite et son exploitation repose sur le recrutement d’engagés volontaires de métropole. La canne à sucre, implantée par les Espagnols à Cuba dès 1517, commence son expansion à Saint-Domingue en 1700, elle occupe déjà les deux tiers des terres à la Martinique en 1671. Cette culture nécessite d’importants investissements et l’emploi d’une main-d’œuvre abondante. Les Européens ont recours à l’esclavage favorisant ainsi l’essor de la traite négrière à partir des années 1660. D’autres productions apparaissent dans les plantations : le café, le cacao et l’indigo.
Entre 1713 et 1791, un million d’esclaves arrivent aux Antilles, dont plus de 775 000 à Saint-Domingue. La plupart proviennent de l’Afrique centre-occidentale et de l’arrière-pays de la baie du Bénin. Cette région fournit l’essentiel des esclaves pour la Martinique. Il arrive en moyenne 9 hommes pour 5 femmes dans les colonies. Ce déséquilibre entre les sexes est particulièrement marqué à Saint-Domingue. En revanche, à la fin du XVIIIe siècle, à la Martinique, la proportion de femmes est importante. Dans cette île et ses dépendances, la population créole est majoritaire et l’achat d’esclaves hommes en Afrique devient moins fréquent qu’à Saint-Domingue. A la veille de la Révolution, les esclaves représentent 89 % de la population totale de Saint-Domingue, 83 % en Martinique et Guadeloupe, soit près de 600 000 personnes sur les 760 000 que comptent les Antilles françaises.

La vie dans une plantation et le travail des esclaves

Le passage à l’habitation ou plantation sucrière (58 hectares en moyenne à la Martinique, en 1685, 200 à 300 hectares avec 100 à 300 esclaves à Saint-Domingue) se fait souvent par acquisitions successives. Les bâtiments typiques de l’ère sucrière sont : la grand-case du maître, le moulin, la sucrerie avec ses chaudières, ses purgeries, son étuve de séchage, la tonnellerie pour la confection de tonneaux à sucre pour le transport maritime, la forge, le four à chaux, la distillerie à tafia, des cases pour les employés et les esclaves noirs.
La grande majorité de la population servile est employée à la production du sucre. Les autres esclaves travaillent dans les caféières (introduction du café en 1726 à la Martinique), les indigoteries et les cotonneries. Certains sont employés dans les petites villes portuaires, comme domestique, artisan ou manouvrier. Au sein des plantations, on observe une hiérarchisation verticale des activités. Ainsi, les commandeurs, esclaves créoles, surveillent le travail et exécutent les punitions.

Le commerce des produits tropicaux et les relations avec la métropole

D’après Olivier Pétré-Grenouilleau, quatre ports monopolisent l’essentiel du trafic colonial français : Nantes, Bordeaux, Marseille et Le Havre-Rouen. Le XVIIIe siècle est, pour eux, celui d’une croissance spectaculaire. Une tendance à la spécialisation apparait. Bordeaux qui s’intéresse au sucre terré et au café, est surtout orienté vers les Petites Antilles. La croissance bordelaise s’explique par la richesse de l’arrière-pays bordelais, l’existence de réseaux commerciaux dans les pays du Nord de l’Europe, essentiels pour la réexportation des produits coloniaux.

 

Lettre du 8 août 1771 : 18 J Non classé Archives départementales du Lot Fin de la lettre du 8 août et facture de café du 19 juin 1771 : 18 J Non classé Archives départementales du Lot Compte de vente de sucre du 31 juillet 1785 : 18 J Non classé Archives départementales du Lot Recueil de planches de l'Encyclopédie Diderot - d'Alembert, tome 1, 1762. Economie rustique ; sucrerie : deux moulins dont un à eau. AD du Lot

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