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Offre pédagogique

1914-1918 Les civils et la première guerre mondiale

"Journée du 75" du 7 février 1915

L'implication sur le plan financier

Niveau : Troisième
Histoire. Thème 1 : L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945)
Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale.

Français.  Lire des images, des documents composites et des textes non littéraires.
En lien avec le thème 1 du programme d‘histoire : Agir dans la cité - individu et pouvoir.

Arts plastiques. La création, la matérialité, le statut, la signification des images : l’appréhension et la compréhension de la diversité des images. 

 

Dossier enseignant à télécharger

Appel à la solidarité

Les documents de ce dossier témoignent de l’implication des civils lors du premier conflit mondial, en particulier sur le plan financier. L’Etat, mais aussi le Touring Club de France, en appellent à la solidarité nationale et lancent une série d’actions visant à récolter des fonds.  Des mesures sont prises par le gouvernement afin d’approvisionner les soldats au front dès les premiers mois du conflit. D’autre part, les civils sont meurtris par la disparition de leurs proches partis combattre. Cet ensemble documentaire montre qu’ils sont ainsi doublement impliqués dans la Grande Guerre malgré l’éloignement des zones de combat.
Le dossier est constitué d’affiches illustrées et d’affiches-texte s’adressant directement aux civils et sollicitant leur solidarité à l’occasion

  • de la « Journée du 75 » du dimanche 7 février 1915
  • de la « Journée du poilu » du 25 et 26 décembre 1915
  • du troisième emprunt lancé par l’Etat en 1917
  • de la remise des diplômes d’honneur aux familles des morts pour la patrie ; le discours de Raymond Poincaré, président de la République, prononcé le 14 juillet 1916 à cette occasion montre que les civils sont directement touchés par le conflit Transcription à télécharger 

En marge des affiches, nous avons sélectionné un courrier du président du comité de « l’Œuvre du soldat au front » du 10 mars 1915, remerciant le préfet du Lot pour sa collaboration à la « Journée du 75 », canon emblématique de la première guerre mondiale.  

Références bibliographiques

  • Stéphane Audoin-Rouzeau et Jean-Jacques Becker (dir), Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918, Bayard, 2004. Edition en poche chez Perrin en 2012, 2 tomes, 1810 pages (Bibliothèque des Archives : 2/1031).
  • Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, La Grande Guerre 1914-1918, Gallimard, collection Découvertes Gallimard, 1998 ; nouvelle édition en 2008 et 2013.
  • Didier Cambon et Sophie Villes, 1914-1918. Les Lotois dans la Grande Guerre. Tome 2 L’arrière, Cahors, Communauté de communes du Grand Cahors, 2010, collection Les cahiers historiques du Grand Cahors (Bibliothèque des Archives : BR3/929).
  • André Loez, Les 100 mots de la Grande Guerre, Que sais-je ?, PUF, 2013 (Bibliothèque des Archives : 4/576).
  • Site du Musée de l’armée, établissement public de l’Armée, Paris www.musee-armee.fr  Voir notamment « L'histoire militaire en 50 objets : Canon de campagne de 75 mm modèle 1897 » http://timeline.musee-armee.fr/static/html/#/135 (consulté en avril 2017). 
  • Site académique du centenaire de la Première Guerre mondiale: http://www.ac-toulouse.fr/pid30232/centenaire-de-la-premiere-guerre-mondiale.html

Repères : contexte historique

Les civils touchés par la guerre

Le conflit, qui débute le 1er août 1914 par la mobilisation générale en France et en Allemagne, ouvre l’ère des catastrophes pour l’Europe et pour le monde. L’affrontement mondial qui commence est militaire, économique et idéologique. Toutes les ressources des sociétés belligérantes sont mises au service de la Grande Guerre. La guerre devient très vite « totale » dans la mesure où un grand nombre de civils sont frappés par les violences du conflit dans les territoires envahis ou proches des zones de combat, ils sont aussi victimes des premiers bombardements aériens. Les civils travaillent aussi, directement ou non, pour la guerre, pour fournir la nourriture et pour produire l’armement et les équipements des combattants. D’autre part, les familles ont toutes au moins un proche au front, pour lequel elles s’inquiètent. La guerre concerne ainsi toute la population et cela avec une intensité croissante au fur et à mesure des événements.

Un conflit qui dure plus longtemps que prévu

En août 1914, les hommes politiques, les stratèges militaires et la population estiment que la guerre ne durera que quelques mois. Les plans des états-majors prévoient une guerre offensive courte. A l’ouest, les Français appliquent le « Plan XVII » sous le commandement en chef du général Joffre. Ils attaquent en direction des « Provinces perdues » de 1870, mais se heurtent à la résistance des adversaires et la prise de Mulhouse est sans lendemain. Le plan allemand « Schlieffen » est mis en œuvre par le général Moltke. Les Allemands traversent la Belgique qui résiste, puis après une « bataille des frontières », ils envahissent le nord de la France. Ils sont à moins de 50 kilomètres de Paris lorsque la contre-attaque du général Joffre les force à une retraite partielle.
Entre le 5 et le 9 septembre, la bataille de la Marne est gagnée par les Français. Puis chacun des deux camps essaie de contourner l’adversaire : c’est la « course à la mer » qui ne s’arrête que sur les côtes de la mer du Nord. Dès novembre 1914, la guerre de mouvement cesse. Les pertes humaines sont épouvantables. Sur le front est, les succès allemands sont plus décisifs. L’impossibilité de vaincre bloque les armées face à face sur les deux fronts principaux : le front ouest depuis la mer du Nord jusqu’à la frontière suisse ; le front est, plus fluide de la Baltique aux Carpates.
Le front stratégiquement décisif reste toujours le front ouest : long de 700 kilomètres, il prend la forme d’un réseau de tranchées et de boyaux de communication d’une largeur de quelques kilomètres. En première ligne, les adversaires ne sont séparés que par quelques dizaines de mètres recouverts de barbelés : le no man’s land. Pendant quatre ans, les deux camps tentent d’organiser des offensives répétées destinées soit à user l’adversaire, soit à percer le front adverse. Dès 1915, les Franco-Anglais tentent d’avancer en Artois et en Champagne, sans succès. L’année 1915 est surtout vouée chez les Français au « grignotage » des positions adverses, une tactique très coûteuse en hommes.
L’année 1916 est celle de l’« enfer » de Verdun, la plus grande bataille de la guerre pour les Allemands et les Français. De février à décembre, date à laquelle les Allemands sont ramenés sur leurs positions de départ, on compte le sacrifice de 240 000 hommes côté allemand et 260 000 dans le camp français. Verdun cumule un cortège d’horreurs et de souffrances qu’aucun autre champ de bataille n’a égalé. L’année 1916 est aussi celle de l’offensive de la Somme. Engagée le 1er juillet 1916 par les Anglais avec un important soutien français, elle est un désastre avec 20 000 hommes tués dès le premier jour de l’offensive. Ces deux immenses engagements durent des mois. Ainsi, malgré des percées du front, il est très difficile de maintenir durablement les positions, la guerre s’enlise.

Economie de guerre et choix politique

Avant l’entrée en guerre, l’objectif des Etats est de garantir les fonds nécessaires à ouvrir la campagne, puis à financer une guerre courte, aucun pays ne pouvant se permettre de faire la guerre pendant des années. Selon l’historien Jay Winter, l’illusion d’une guerre courte est fondée sur l’idée que le système économique ne pourrait encaisser le choc d’un conflit prolongé (« L’effort de guerre », Encyclopédie de la Grande Guerre p. 412). D’autre part, cet auteur a montré que le problème crucial de l’effort de guerre de chaque pays n’est pas tant l’approvisionnement que la répartition des ressources entre les civils et les militaires. C’est aussi une question d’ordre politique. Ainsi, deux économies de guerre différentes apparaissent en 1914-1918.
Dans la première forme d’économie de guerre, l’armée est le demandeur principal de toutes les ressources nationales. Les fabricants d’armes lui donnent sa puissance de feu, et ces derniers dirigent l’économie de guerre à leur gré, en collaboration avec les officiers d’état-major. En Allemagne, en Autriche-Hongrie et en Russie, ce premier type d’économie est segmenté : les armées prennent ce dont elles ont besoin, l’intérieur du pays obtient ce qui reste. La répartition des ressources fait des militaires et des industriels une catégorie privilégiée.
Dans la seconde forme d’économie de guerre qui émerge lentement au cours du conflit, l’Etat conserve le contrôle de la production de guerre et de la répartition des ressources en fonction des demandes des civils et des militaires. Ce contrôle est exercé par des ministres – Etienne Clémenceau en France ou Lloyd George en Grande-Bretagne – qui ont le pouvoir de passer des contrats et de déterminer les marges bénéficiaires, de distribuer les importations et de s’assurer que les objectifs à atteindre en terme de production de guerre sont bien réalisés, sans que pour autant le front intérieur ne soit privé de biens et de services essentiels. Cette solution franco-britannique est qualifiée de « guerre intégrée » par Jay Winter (« L’effort de guerre », Encyclopédie de la Grande Guerre p. 413). Les économies de guerre intégrées visent la paix sociale. Les armées doivent être approvisionnées mais pas à n’importe quel prix.

Les civils sollicités pour participer à l’effort de guerre

Les travaux d’Alain Plessis (« Financer la guerre », Encyclopédie de la Grande Guerre p. 479) montrent que la guerre a coûté 50 fois plus que prévu. Elle provoque des dépenses inimaginables, il  faut trouver en urgence des sommes énormes. On ne peut donner du coût direct de la guerre que des ordres de grandeur approximatifs. Ce coût s’élève de 40 à 44 milliards pour l’Angleterre, 32 milliards pour les Etats-Unis, 24 à 25 milliards pour la France, l’Allemagne aurait dépensé de 40 à 46 milliards. Aucun des principaux belligérants ne dispose d’un système fiscal suffisant pour nourrir la guerre et tous doivent recourir au crédit pour la financer.
En France, plusieurs mesures sont adoptées. Ainsi, en juillet 1914, la dette publique est augmentée par le lancement d’un gros emprunt. L’Etat a recours aux avances de la Banque de France ; il  multiplie les bons du Trésor. Le ministre des Finances Ribot propose par un décret du 13 septembre 1914 des titres en souscription au public, titres appelés « bons de la Défense nationale ». L’Etat continue à émettre des bons de diverses coupures, allant de 100 à 1 000 francs. Une publicité incessante en assure le placement dans tous les milieux. Le total des fonds ainsi obtenus a constamment progressé, représentant près de 50 milliards de francs pour l’ensemble de la guerre. L’Etat lance le 16 novembre 1915 un emprunt sous la forme de rentes perpétuelles, suivi de trois autres en 1916, en 1917 et en 1918. Des affiches de propagande en faveur de l’emprunt de guerre sont réalisées en France. Dans tous les pays belligérants des « journées » aux thèmes variés  constituent un moyen important de mobiliser le public, sur le plan financier, mais aussi moral.
Enfin, le 18 mai 1916, le gouvernement demande aux Français de faire plus de sacrifices pour faire face aux charges permanentes nées de la guerre. L’effort demandé se traduit par l’application de l’impôt général sur le revenu à compter du 1er janvier 1916, par le vote le 1er juillet 1916, d’un impôt sur les bénéfices de guerre au taux de 50%, par des majorations de droits sur les alcools, le sucre, etc., par le relèvement du prix du tabac et des allumettes, et surtout par l’augmentation des droits d’enregistrement et de timbre.
 

 

12 AR 56 Journée du poilu Discours de R P 3e emprunt

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