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Inventaire après décès du 19 mars 1770, Cahors

Inventaire après décès. Archives départementales du Lot : J 1538

Etat des meubles, effets, immeubles et réparations

dicté par Margueritte Biers, veuve de feu Antoine Pélissié

Parmi les pièces isolées des archives privées (série J) sous la cote J 1538, on peut lire un inventaire après décès du dernier tiers du XVIIIe siècle qui dresse les possessions d’Antoine Pélissié. Nous révélant la composition de la maison du défunt et de son mobilier, il nous permet d’en faire une visite virtuelle. Très riche d’informations, il constitue une porte d’entrée dans l’intimité du foyer.
La maison se trouve au cœur de Cahors, à côté de l’ancienne  église Saint-André et de son cimetière (le cimetière Saint-André se trouvait aux abords de la rue Anne Besse débouchant sur la rue du portail Alban). La veuve conduit la visite du notaire cadurcien, maître Bel.

Maison à étages au cœur de la ville ; terres à l’extérieur

L’habitation comporte une cave et son matériel vinaire, une boutique en rez-de-chaussée, trois étages avec un espace pour faire le pain, une cuisine et plusieurs chambres ou chambrettes. En partie supérieure, sous le toit, le bâtiment abrite enfin un galetas.
Les terres, vignes et chènevière, se situent bien sûr aux abords de la ville : les vignes, l'une du côté de la route de Villefranche, l'autre au tènement (ou tenure) d'Enxagut (vraisemblablement du côté de la route du Mont Saint-Cirq) ; la chènevière où est cultivé le chanvre dans la vallée, à la « rivière du Parc » (la plaine du Pal ?).

Archives privées -  Archives notariales parfois complémentaires

Si l’on trouve parfois ce genre d’inventaires fort précieux pour analyser les activités et les façons de vivre de telle époque et en tel lieu dans les fonds privés, ils figurent bien plus sûrement dans les archives de leurs producteurs : les notaires. Toutefois, ces actes n'ont rien de systématique.

Pourquoi fait-on dresser un inventaire après décès ?

« L’inventaire après décès est l’acte par lequel sont recensés les biens d’une personne qui vient de décéder. Il est établi à la requête de la veuve, du veuf, des héritiers ou encore de  l’exécuteur testamentaire dans certaines situations juridiques, notamment en présence d’enfants mineurs. Le notaire se transporte dans la maison du défunt et visite successivement toutes les pièces, de la cave au grenier, recense tous les meubles et objets qui s’y trouvent et en indique la valeur. Il recherche ensuite tous les papiers laissés par le défunt afin de connaître sa situation financière au moment de son décès et de pouvoir régler sa succession. Ce faisant, il donne toujours des précisions sur le contrat de mariage s’il en trouve l’expédition sur le testament, mais aussi sur les contrats de vente et d’acquisitions de biens immeubles, sur les baux et loyers, sur les quittances, honoraires, factures, sur les successions recueillies par le défunt, ce qui l’amène à mentionner des actes concernant les parents et aïeux du défunt.
L’inventaire après décès doit être dressé juste après la mort du défunt [du moins dans les mois qui suivent]. Il arrive cependant qu’il soit établi beaucoup plus tard, lorsque le veuf ou la veuve, tuteur ou tutrice des enfants mineurs, se remarie. L’inventaire sert alors à préserver les droits des enfants mineurs et à dégager la responsabilité du nouvel époux vis-à-vis de la première communauté ».
Les archives notariales par la commission des archives notariales, Conseil supérieur des Archives. Manuels et guides pratiques, La documentation française, 2013, p. 124/125.

Quelques indications pour aider à la lecture du texte

1. Cy : ci-après
6. Sive : mot latin signifiant ou. Semal : comporte en languedocien
7. « Brizoirs pour le chanvre » : brisoir ou maque pour teiller le chanvre, barga en Languedocien (chanvre ou lin)
9. Rastèl :  râteau
10. « Aissadou » : petite houe. Aissada : houe ; diminutif Aissadon
11. « Badignou » = Badinhon : baquet pour tirer le vin
12. « Fessou » = Fesson  ou fessor : houe pointue à angle aigu
16. Taulièr : établi, plan de travail
21. « Peyroles » = Pairòl : chaudron, seau de cuivre pour l’évier. Augmentatif Pairòla : grand chaudron
33. « Cuissins » = Coissins : coussins, oreillers, traversins
38. « Touaillous » = Toalhons : serviette, torchon, essuie-mains
40. « Cayris » = version occitane du  vieux mot français charrier : pièce de grosse toile que l’on étend sur le cuvier et qui reçoit la charrée, la cendre de la lessive. F. Mistral dans son Trésor du félibrige donne Cairiè.
44. « Andrillères » = Andrilièras : support de poêle suspendu à la crémaillère
63. « Couty » = Coutil : toile croisée et serrée en fil de coton
65. « Calemandre » = Calemande : étoffe de laine croisée et solide d’un aspect satiné
77. Une douzaine de « fours d’ails » = douze tresses d’ail

En fin d’inventaire

Ne varietur = maître Bel, le notaire, utilise ici une expression latine : « qu’il ne soit rien changé ».

 



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